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Les spécialistes du chant choral
Une puce j'ai

Une puce j'ai

(Code: A110900693)

L'oeuvre de Claude Le Jeune présente de nombreuses traces d'italianisme affectant différents aspects de la composition : textes, genres musicaux et applications de la théorie musicale. 43 pièces mises en musique par ce compositeur exploitent des textes italiens marqués par le dialecte napolitain. Parmi elles se trouve "Une puce..." dont le pendant italien est "No pulice n'entrata nell'orecchia". "Une puce j'ay" (tout comme "Arm', Arm' mes loyaux pensers" et "Trinke trink") a été transposé par Antoine de Baïf sous la forme particulière de vers "mesurés", c'est-à-dire contraints non par la rime, mais par des schémas fixes alternant longues et brèves (comme dans la poésie latine) sous les syllabes longues et brèves du texte. – Un des objectifs principaux de l'Académie fondée en 1570 par Baïf était de faire revivre l'antique union entre poésie et musique, telle qu'elle était pratiquée par les Grecs, au moyen de ces vers "mesurés à l'antique" ; il y eut d'ailleurs des antécédents : le poète Luigui Alamanni, qui séjourna en France sous François Ier, s'est employé (avant Baïf) à réconcilier genres classiques et langue vulgaire ; et citons aussi le fait – pour expliquer la démarche de l'école française – que le père d'Antoine de Baïf, Lazare, fut ambassadeur à Venise et semble avoir eu des contacts avec l'Academia dei Filleleni.Baïf, s'il n'est donc pas l' "inventeur" de ce genre, a du moins eu le mérite d'associer poésie et musique et, dans sa démarche, Claude Le Jeune l'a aidé à réaliser son projet."Une puce" s'inspire vraisemblablement de la pièce de Baldassara Donato publiée dans son "Primo libro di canzon villanesche alla napolitana a quatro voci" (Venise, Gardane, 1550). Le texte italien comporte 5 strophes (et non 3 comme dans la version de Claude Le Jeune) et la musique n'a aucun point commun avec celle de Le Jeune.

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L'oeuvre de Claude Le Jeune présente de nombreuses traces d'italianisme affectant différents aspects de la composition : textes, genres musicaux et applications de la théorie musicale. 43 pièces mises en musique par ce compositeur exploitent des textes italiens marqués par le dialecte napolitain. Parmi elles se trouve "Une puce..." dont le pendant italien est "No pulice n'entrata nell'orecchia". "Une puce j'ay" (tout comme "Arm', Arm' mes loyaux pensers" et "Trinke trink") a été transposé par Antoine de Baïf sous la forme particulière de vers "mesurés", c'est-à-dire contraints non par la rime, mais par des schémas fixes alternant longues et brèves (comme dans la poésie latine) sous les syllabes longues et brèves du texte. – Un des objectifs principaux de l'Académie fondée en 1570 par Baïf était de faire revivre l'antique union entre poésie et musique, telle qu'elle était pratiquée par les Grecs, au moyen de ces vers "mesurés à l'antique" ; il y eut d'ailleurs des antécédents : le poète Luigui Alamanni, qui séjourna en France sous François Ier, s'est employé (avant Baïf) à réconcilier genres classiques et langue vulgaire ; et citons aussi le fait – pour expliquer la démarche de l'école française – que le père d'Antoine de Baïf, Lazare, fut ambassadeur à Venise et semble avoir eu des contacts avec l'Academia dei Filleleni.Baïf, s'il n'est donc pas l' "inventeur" de ce genre, a du moins eu le mérite d'associer poésie et musique et, dans sa démarche, Claude Le Jeune l'a aidé à réaliser son projet."Une puce" s'inspire vraisemblablement de la pièce de Baldassara Donato publiée dans son "Primo libro di canzon villanesche alla napolitana a quatro voci" (Venise, Gardane, 1550). Le texte italien comporte 5 strophes (et non 3 comme dans la version de Claude Le Jeune) et la musique n'a aucun point commun avec celle de Le Jeune.